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	<title>État Archives -</title>
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		<title>Économie : ce qui va vraiment impacter les ménages français en 2025</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 17:02:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Consommation]]></category>
		<category><![CDATA[État]]></category>
		<category><![CDATA[Social]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des mois, les débats économiques en France se concentrent sur des sujets à forte charge politique : réforme des retraites, dette publique, budget de l’État. Au lendemain du vote quelque peu retardé de la loi de finance pour 2025, nombreux sont ceux qui se réjouissent de voir certains de ces sujets de nouveau encadrés, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Depuis des mois, les débats économiques en France se concentrent sur des sujets à forte charge politique : réforme des retraites, dette publique, budget de l’État. Au lendemain du vote quelque peu retardé de la loi de finance pour 2025, nombreux sont ceux qui se réjouissent de voir certains de ces sujets de nouveau encadrés, mais en réalité la plupart de ces thèmes n’auront qu’un impact limité sur l’économie du pays et le quotidien des Français.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l’inverse, même si elles sont souvent moins visibles dans les débats publics, plusieurs tendances économiques de fond continuent d’affecter durablement le pouvoir d’achat, la stabilité financière et les perspectives économiques des particuliers comme des entreprises. Et 2025 ne fera pas exception à la règle. </span></p>
<h2><strong>Stagnation économique : une croissance insuffisante pour améliorer le niveau de vie</strong></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Les prévisions de croissance pour la France en 2025 oscillent entre </span><b>0,9 % et 1,2 %</b><span style="font-weight: 400;">, selon les estimations de l&rsquo;INSEE et de la Banque de France. Un tel niveau de croissance est loin d’être suffisant pour générer une dynamique économique capable de tirer les salaires vers le haut, de créer massivement de l’emploi ou d’encourager les investissements.</span></p>
<h3><strong>La France nettement à la traîne par rapport aux autres pays</strong></h3>
<p><span style="font-weight: 400;">À titre de comparaison, les États-Unis prévoient une croissance avoisinant les 2,3 % en 2025, et certaines économies asiatiques, comme l&rsquo;Inde, pourraient dépasser les 6 %. Même au sein de l’Union européenne, des pays comme l’Irlande ou la Pologne affichent des taux plus élevés, dépassant souvent les 3 %. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La France, quant à elle, reste engluée dans une croissance molle, en grande partie à cause d’une </span><b>consommation intérieure atone</b><span style="font-weight: 400;">, d’un </span><b>manque de compétitivité industrielle</b><span style="font-weight: 400;"> et d’un </span><b>climat politique incertain</b><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<h3><strong>Conséquences concrètes pour les ménages</strong></h3>
<p><b>Des salaires qui stagnent </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec une croissance inférieure à 1,2 %, les entreprises n’ont ni la marge ni la pression économique pour augmenter significativement les salaires. La hausse des rémunérations dans le secteur privé pourrait ainsi ne pas dépasser 3 % en 2025, un niveau insuffisant pour compenser totalement l’inflation passée.</span></p>
<p><b>Des opportunités professionnelles limitées </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les jeunes diplômés et les travailleurs en reconversion sont particulièrement touchés. Un marché du travail stagnant signifie des embauches au ralenti, des stages non rémunérés prolongés et une précarisation de l’emploi. Par exemple, le taux de chômage des 15-24 ans reste supérieur à 18 %, bien au-dessus de la moyenne européenne.</span></p>
<p><b>Une hausse des faillites d’entreprises </b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2024, la France a enregistré 66 422 défaillances d’entreprises, soit 17% de plus qu’en 2023 et quasiment 30% de plus qu’avant la pandémie. En 2025, la situation ne devrait pas s’améliorer avec des secteurs comme le commerce de détail, la restauration et le BTP qui restent particulièrement exposés. Forcément, chaque faillite entraîne son lot de licenciements et de tensions sur le marché du travail.</span></p>
<p><b>Une précarité qui se durcit avec la reprise du chômage</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors que la France était parvenue à faire descendre son taux de chômage en dessous des 7,5 % ces dernières années, les projections pour 2025 indiquent </span><b>une remontée à 8,1 % ou 8,2 %</b><span style="font-weight: 400;">. Une tendance qui marque donc un retour en arrière et laisse augurer une recrudescence de la précarité. Avec en outre des conséquences sur les finances publiques en raison, non seulement d’une baisse des cotisations salariales mais aussi d’une augmentation des indemnités chômage.</span></p>
<h2><strong>Inflation persistante : un coût de la vie toujours sous tension</strong></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Après les hausses spectaculaires de 2022 et 2023, l’inflation ralentit progressivement, mais elle ne disparaît pas pour autant. En 2025, elle devrait </span><b>se stabiliser autour de 2 %</b><span style="font-weight: 400;">, un niveau conforme aux objectifs de la Banque centrale européenne. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sauf que derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités : certains secteurs, notamment </span><b>l’alimentation, l’énergie et le logement</b><span style="font-weight: 400;">, continueront de voir leurs prix augmenter plus rapidement que l’indice général des prix.</span></p>
<h3><span style="font-weight: 400;">Pourquoi l’inflation reste-t-elle un problème malgré son ralentissement ?</span></h3>
<h4><b>L’effet de l’inflation passée</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Même si l’inflation baisse, </span><b>les prix, eux, ne redescendent pas</b><span style="font-weight: 400;">. Une baguette qui coûtait 1 euro en 2020 et qui est passée à 1,30 euro en 2023 ne reviendra pas à 1 euro, même si l’inflation annuelle est désormais plus faible. Cela signifie que le coût de la vie reste structurellement plus élevé qu’il y a trois ans, et que les salaires doivent continuer d’augmenter pour compenser cette perte de pouvoir d’achat — ce qui est loin d’être acquis pour tout le monde.</span></p>
<h4><b>L’alimentation toujours sous pression</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L’un des postes les plus impactés reste </span><b>l’alimentation</b><span style="font-weight: 400;">, avec une hausse des prix estimée entre </span><b>4 et 5 % en 2025</b><span style="font-weight: 400;">. Plusieurs raisons expliquent cette augmentation :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Les coûts de production</b><span style="font-weight: 400;"> : L’énergie et les engrais restent chers, ce qui pèse sur l’ensemble de la chaîne agricole.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Les marges des distributeurs et des industriels</b><span style="font-weight: 400;"> : Même si certaines négociations aboutissent à des baisses de prix, de nombreux industriels maintiennent des hausses pour protéger leurs marges.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Les événements climatiques</b><span style="font-weight: 400;"> : Sécheresses et inondations en Europe, mais aussi dans le reste du monde, affectent les récoltes et réduisent l’offre de certains produits alimentaires.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Exemple concret : en 2024, le prix du beurre a encore progressé de </span><b>8 %</b><span style="font-weight: 400;">, les pâtes de </span><b>6 %</b><span style="font-weight: 400;"> et certains fruits et légumes ont vu des hausses de </span><b>10 % à 15 %</b><span style="font-weight: 400;"> selon les saisons. Ces tendances devraient se poursuivre en 2025, compliquant encore l’accès à une alimentation de qualité pour de nombreux foyers.</span></p>
<h4><b>L’énergie : un retour à la normale… mais avec des factures toujours élevées</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Le prix du gaz et de l’électricité a connu une forte volatilité depuis la crise énergétique de 2022. Même si les prix de gros ont nettement baissé depuis, les tarifs facturés aux ménages devraient rester élevés en 2025, notamment à cause de :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>La fin des boucliers tarifaires</b><span style="font-weight: 400;"> : L’État réduit progressivement son aide sur les factures énergétiques, ce qui entraîne une hausse pour les ménages.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Les taxes sur l’énergie</b><span style="font-weight: 400;"> : Avec la transition écologique, de nouvelles taxes sur les énergies fossiles pourraient encore alourdir les factures.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Les tensions géopolitiques</b><span style="font-weight: 400;"> : Toute crise internationale (Russie, Moyen-Orient) peut provoquer une flambée des prix du pétrole et du gaz, avec un impact immédiat sur le coût de la vie.</span></li>
</ul>
<h4><b>Le logement : un marché toujours sous tension</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">L’immobilier devrait globalement continuer d’augmenter en 2025, malgré un marché en pleine mutation. </span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Côté locataires</b><span style="font-weight: 400;"> : La demande de logements abordables reste forte (les budgets sont de plus en plus serrés), poussant les prix des loyers vers le haut, surtout dans les grandes villes.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><b>Côté propriétaires</b><span style="font-weight: 400;"> : La baisse des taux d’intérêt pourrait relancer la demande immobilière, (à condition que les banques jouent le jeu et réduisent le niveau de leurs exigences en matière d’apport personnel notamment), mais les prix déjà élevés risquent bien de grimper encore davantage, limitant l’accession à la propriété, d’une part, et amenant les bailleurs à pratiquer des loyers élevés, d’autre part.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 400;">Ajoutons également que les nouvelles obligations de rénovation énergétique et la hausse des coûts d’entretien des immeubles devraient assez logiquement se traduire par une </span><b>augmentation des charges de copropriété… et des loyers</b><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Conséquences concrètes pour les ménages</span></p>
<h4><b>Une baisse continue du pouvoir d’achat des classes moyennes</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec des prix qui augmentent encore sur des dépenses incontournables (nourriture, énergie, logement), le budget des ménages reste sous tension. </span><b>Les classes moyennes</b><span style="font-weight: 400;">, qui ne bénéficient pas d’aides spécifiques, sont les plus exposées à cette situation.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Or ce sont elles qui assurent l’essentiel des recettes de l’État et qui font plus ou moins tourner l’économie (commerçants, employés, cadres, etc.)</span></p>
<h4><b>Un arbitrage budgétaire de plus en plus serré</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Face à l’augmentation du coût de la vie, de nombreux foyers doivent faire des choix (dont les répercussions sont évidentes sur les entreprises et les commerces des secteurs concernés, ce qui contribue à la baisse de la croissance…) :</span></p>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Limiter les loisirs et sorties (restaurants, cinémas, vacances).</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Se tourner vers des produits alimentaires de moindre qualité (moins de bio, plus de produits transformés).</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;">Reporter certains achats importants (rénovation, électroménager, véhicule).</span></li>
</ul>
<h4><b>Un risque accru de précarité énergétique et alimentair</b><b>e</b></h4>
<p><span style="font-weight: 400;">Les associations caritatives constatent déjà une hausse du nombre de ménages ayant recours à l’aide alimentaire (</span><b>16% de la population</b><span style="font-weight: 400;">, soit 3 fois plus qu’il y a dix ans), et cette tendance pourrait s’amplifier en 2025. Selon la Banque de France, </span><b>un ménage sur trois</b><span style="font-weight: 400;"> se dit déjà en difficulté pour boucler ses fins de mois.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De la même façon, </span><b>75% des Français ont réduit le chauffage</b><span style="font-weight: 400;"> dans leur logement pour faire des économies depuis le début de l’hiver. Et 30%, soit </span><b>12 millions de ménage</b><span style="font-weight: 400;">s, déclarent souffrir du froid chez eux actuellement (cet article est écrit durant l’hiver 2024-2025). En 2020, ils ne représentaient que 14% des ménages, soit moins de la moitié.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">—</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Au final, si on ajoute la transition écologique à marche forcée — qui entraîne à la fois de nouvelles taxes mais aussi de nouvelles obligations réglementaires qui se traduiront immanquablement par une consolidation de l’inflation — , et qu’on prend en compte le vieillissement de la population avec son cortèges de dépenses inévitables pour la santé et la protection sociale (la retraite notamment), on voit bien que les Français n’en sont encore qu’au début d’une longue période de vaches maigres qu’on s’efforce de leur masquer en focalisant leur attention sur des problèmes de politique technique et idéologique. Mais pour combien de temps encore…?</span></p>
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		<title>Les milliards du crime : une manne cachée pour l’État</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bruno]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jan 2025 13:20:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[État]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque année, des centaines de millions d’euros issus d’activités criminelles sont saisis et confisqués en France. Mais savez-vous où finit cet argent ? Dans la plupart des cas, il termine dans les caisses de l’État. Et les victimes, dans tout ça ? Elles se partagent une part bien maigre du gâteau, tandis que la gestion [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année, des centaines de millions d’euros issus d’activités criminelles sont saisis et confisqués en France. Mais savez-vous où finit cet argent ? Dans la plupart des cas, il termine dans les caisses de l’État. Et les victimes, dans tout ça ? Elles se partagent une part bien maigre du gâteau, tandis que la gestion de ces avoirs continue de poser question.</p>
<h2>L’AGRASC : une agence au cœur des avoirs criminels</h2>
<p>Depuis 2010, l’<strong>Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC)</strong> est chargée de gérer les biens saisis dans des affaires de trafic, d’escroquerie, de proxénétisme ou encore de détournement de fonds. L’année 2024 a marqué un nouveau record : <strong>1,44 milliard d’euros saisis</strong>, soit une augmentation de 87 % par rapport à 2022.</p>
<p>Ces saisies couvrent quatre grandes catégories :</p>
<ul>
<li><strong>Comptes bancaires</strong> : en France et parfois à l’étranger.</li>
<li><strong>Argent liquide</strong> : représentant près de la moitié des montants saisis.</li>
<li><strong>Biens immobiliers</strong> : immeubles, maisons, appartements.</li>
<li><strong>Biens meubles</strong> : bijoux, voitures, œuvres d’art, meubles meublants, métaux précieux.</li>
</ul>
<p>En théorie, ces biens sont temporairement sous la garde de l’AGRASC en attendant une décision judiciaire. En pratique, une grande partie est vendue aux enchères avant même le jugement, notamment pour éviter leur dépréciation.</p>
<h2>Des mécanismes opaques critiqués par la Cour des comptes</h2>
<p>La gestion des avoirs criminels par l’AGRASC est loin d’être un modèle de transparence. La <strong>Cour des comptes</strong>, dans un référé publié récemment, pointe plusieurs failles inquiétantes :</p>
<ul>
<li><strong>Opacité des flux financiers</strong> : les montants exacts confisqués et recouvrés restent flous.</li>
<li><strong>Rémunération prioritaire de l’État</strong> : en 2024, <strong>110 millions d’euros</strong> issus des saisies ont été versés directement au budget général.</li>
<li><strong>Indemnisation insuffisante des victimes</strong> : malgré une hausse à <strong>96 millions d’euros</strong> (contre 17 millions en 2022), cette somme reste bien en deçà des attentes, surtout face à l’ampleur des préjudices.</li>
</ul>
<p>L’objectif affiché de l’AGRASC n’est pas de prioriser les victimes, mais plutôt de maximiser les revenus pour l’État, une logique paradoxale pour une institution censée garantir justice et réparation.</p>
<h2>Une gestion logistique… bancale</h2>
<p>La Cour des comptes pointe également les <strong>dysfonctionnements logistiques</strong>. Les biens meubles saisis (bijoux, véhicules, etc.) sont souvent mal stockés, dans des conditions d’hygiène et de sécurité insuffisantes, parfois même dans des juridictions locales inadaptées. Ce chaos administratif entraîne un risque accru de disparition de certains scellés judiciaires de valeur.</p>
<p>Par ailleurs, les victimes peinent à récupérer leurs biens saisis, même en cas d’acquittement ou de relaxe. Les objets vendus avant le jugement ne leur sont restitués que sous forme de liquidités, souvent en deçà de leur valeur initiale. Un système loin d’être équitable.</p>
<h2>Qui profite vraiment des saisies ?</h2>
<p>En 2024, l’AGRASC a saisi <strong>731 immeubles</strong> (dont 163 ont été vendus pour 33,3 millions d’euros) et <strong>4 887 biens meubles</strong> (rapportant 18,9 millions d’euros). Une partie des biens saisis a été réaffectée aux forces de l’ordre : <strong>2 641 biens</strong> remis aux services de police, gendarmerie et douanes.</p>
<p>Cependant, une proportion importante de l’argent confisqué termine dans le budget de l’État. Et ce n’est pas tout : les fonds saisis, placés en attendant leur restitution ou leur confiscation définitive, génèrent des intérêts. Avec un taux fixé à <strong>1 %</strong>, cela représente des millions d’euros supplémentaires chaque année, dont bénéficie directement l’État.</p>
<h2>Des progrès, mais un problème de fond</h2>
<p>Certes, des efforts ont été faits. En 2024, l’AGRASC a renforcé ses effectifs, passant de 45 agents en 2020 à <strong>86 agents</strong>. Les montants confisqués augmentent également (+13 % depuis 2022). Mais les victimes, souvent les grandes oubliées, continuent de souffrir d’un système conçu pour privilégier l’État.</p>
<p>Le paradoxe est évident : l’argent du crime, censé réparer des préjudices, devient une source de financement pour les ministères. Et pendant ce temps, des milliards d’euros restent immobilisés, mal gérés ou dilués dans des circuits budgétaires opaques. Si la lutte contre le crime est essentielle, encore faut-il qu’elle respecte le principe fondamental de la justice : protéger les victimes avant tout.</p>
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