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Les riches ont besoin des pauvres

Bruno by Bruno
11 janvier 2025
in Social
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Vincent van Gogh - Les pauvres et l'argent

Vincent van Gogh - Les pauvres et l'argent (1882)

Récemment, mon fils de 17 ans m’a fait la remarque suivante : « Finalement, les riches ne s’intéressent pas vraiment aux pauvres. »

Forcément, en ma qualité de père responsable et soucieux de préserver ma progéniture d’idées préconçues ou d’opinions à l’emporte-pièce, je me suis empressé de lui expliquer que, bien au contraire, les personnes les plus riches étaient particulièrement sensibles à l’existence des plus pauvres.

C’est en tout cas la conception un peu naïve que j’essaie de lui transmettre pour le cas où il deviendrait un jour plus riche que la moyenne, afin qu’il en retire une forme de responsabilité envers ceux qui galèrent au quotidien.

Mais bien sûr, je ne suis pas dupe. Et lui non plus. Il comprendra assez vite, comme moi avant lui, que même si on s’efforce d’être vertueux à titre individuel, c’est le système tout entier qui est corrompu.

Il faut faire payer les pauvres !

En 1907, Joseph Caillaux, alors ministre des Finances de Georges Clémenceau, a déclaré : « Il faut faire payer les pauvres ; bien sûr, les riches pourraient payer plus cher, mais les pauvres sont tellement plus nombreux ! »

À l’époque, il enfonçait déjà des portes ouvertes, puisqu’il se contentait finalement d’énoncer une réalité établie depuis toujours. Mais on va dire qu’il était le premier à reconnaître officiellement ce principe élémentaire de politique et d’économie.

Aujourd’hui encore, qu’est-ce qui caractérise le mieux notre société, qu’il s’agisse de politique, de cinéma, de show-business, de consommation ou même de sport, si ce n’est l’acharnement des plus pauvres à dépenser leur argent pour aider les plus riches à briller davantage ?

Il n’y a de riches que s’il y a des pauvres

C’est pourquoi, quand je dis à mon fils que les riches ne se désintéressent pas des pauvres, je ne suis pas aussi candide finalement. Car la richesse ne se mesure pleinement qu’en la comparant à la pauvreté. Sans obscurité, pas de lumière ; sans pauvres, pas de riches.

D’ailleurs, c’est une évidence, les riches ne le deviennent qu’en amassant de l’argent. Et il est toujours plus facile de soutirer 1 euro à 1 million de personnes qu’un million d’euros à un seul individu. D’autant plus facile qu’on peut généralement renouveler l’opération plusieurs fois si on le souhaite. Ce n’est pas pour rien qu’on a inventé les abonnements, les services mensualisés, le prêt à intérêt et la reconduction tacite, entre autres choses.

Les riches jouent sur l’envie des pauvres de devenir riches à leur tour

Du reste, la logique des gens modestes a ceci de particulier qu’elle se contredit elle-même la plupart du temps. Ainsi, on a des gens qui se plaignent des fins de mois difficiles mais qui sont pourtant tout à fait disposés à payer un SMIC entier pour acquérir un smartphone estampillé d’une pomme à demi-croquée (généralement pour parler des difficultés de leur vie sur les réseaux sociaux). D’autres fustigent les gens fortunés tout en misant chaque année plus de 30 milliards d’euros dans les jeux de hasard dans l’espoir de devenir riches à leur tour.

Sans oublier certaines habitudes de consommation compulsive, nourrie à la publicité sans finesse, flattant nos plus bas instincts de reconnaissance sociale et de réussite apparente. Comme si trois bandes sur un jogging, ou encore une virgule peinte sur une paire de baskets fabriqués en Chine nous mettait au même niveau que l’influen-star qui en fait l’éloge factice pour quelques milliers d’euros sur Tik-Tok.

Les riches entretiennent les pauvres en cas de besoin…

Non, décidément, les riches ont besoin des pauvres, ils les entretiennent, les cultivent, les tiennent à disposition car on ne sait jamais quand on pourrait avoir besoin d’eux. Que ce soit pour de la main d’œuvre pas chère ou de la chair à canon. Une guerre est si vite arrivée. Ou une crise économique majeure, ce qui revient à peu près à la même chose.

À chaque fois qu’un risque grandissant devient une menace directe pour les intérêts des plus riches (qui sont aussi les plus puissants), alors on envoie les pauvres en première ligne, sans vraiment leur donner le choix. C’est leur vie qui est jetée en pâture sur les champs de bataille, au même titre que c’est leur épargne qui est sacrifiée sur l’autel de la finance défaillante. Faillites de grandes sociétés cotées en bourse, banqueroute de fonds de pension, crise des subprimes, effondrement de réseaux bancaires, crises géopolitiques, …, ce sont les actions de petits porteurs qui perdent brusquement l’essentiel de leur valeur ; ce sont les retraites des salariés qui disparaissent, les économies de toute une vie, leur pouvoir d’achat.

… avec la complicité des banques et des politiques

Complices de ce mécanisme de sécurité en faveur des plus riches, les banques jouent leur rôle de collier étrangleur à l’égard d’une population de plus en plus prisonnière d’une monnaie qui ne lui appartient plus. Une monnaie fabriquée de toutes pièces (sans mauvais jeu de mots), qui n’a de valeur que celle que le système veut bien lui donner, mais qui ne récompense plus ni le temps ni le travail ; uniquement la spéculation et l’aptitude à actionner des leviers qui restent inaccessibles au plus grand nombre.

Enfin, que seraient nos démocraties sans les pauvres ? Ce sont eux qui votent pour des gens qui savent leur vendre du rêve. Des leaders politiques dont le train de vie n’a rien à voir avec celui du commun des mortels, mais dont les revenus dépendent de leur capacité à faire des promesses, sans égard pour la réalité du quotidien.

Et ça ne marche évidemment qu’avec les pauvres ; les riches n’ont que faire des promesses : s’ils veulent quelque chose, ils ont juste à l’acheter. Les pauvres, eux, n’ont que l’espoir. Et c’est sur cet espoir, mille fois déçu mais mille-et-une fois ravivé, que se fonde la société telle que nous la connaissons.

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Classe moyenne

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